Générations Complices

Association Intergénérationnnelle

Tisser des Liens

Texte écrit par M. Dupire.

Confinée avec moi-même !

L'annonce du confinement a sonné tout d'abord pour moi comme une déclaration d'arrêt forcé : j'avais l'impression qu'on venait de m'annoncer que mes amis et moi, nous avions une très grave maladie qui nous privait de faire les activités que nous aimons. Mais... je me sentais en pleine forme !
• Tu ne vas tout de même pas te plaindre d'aller bien par beau temps ?
• -Non, bien sûr, et puis j'ai des tas de choses à faire chez moi que je remets toujours faute de temps...
• Parfait !
• Ok, mais je prends d'abord quelques jours de congé : un peu de jardinage, de lecture et du temps pour me distraire : sudoku, solitaire... tout en profitant du soleil. Ambiance vacances quoi ! Et puis, je me documente sur ce fichu Covid...
Et c'est alors que je suis passée du mode « détente » au mode alterné « dépression / colère » car des médecins, des professeurs, des scientifiques intègres m'ont ouvert les yeux et, peu à peu, je me suis sentie infantilisée, manipulée par des décideurs incapables de nous dire la vérité (on n'était pas grand assez pour comprendre sans doute!), sous la pression de lobbys et dont la préoccupation principale est de préserver des intérêts, des pouvoirs.
Alors, sans ligne de mire de retour à la normale, privée d'aller voir ma maman, mes petits enfants (pas de chance, je devais m'y rendre début avril justement !), j'étais incapable de me motiver pour mener à terme des travaux. J'étais insatisfaite de mes journées, de moi-même. J'avais l'impression d'entrer dans une vie routinière, sans saveur : j'avais chaque jour le sentiment de vieillir beaucoup plus vite que d'habitude... Heureusement pour moi, quelques séances de « zoom » ont été organisées avec les copines pour empêcher que le moral ne tombe trop bas ! Et puis sans doute par esprit de rébellion, je fis une marche quasi quotidienne d'une heure, et j'en profitais pour passer bavarder … à bonne distance bien sûr, à la porte d'une copine dans mon quartier : ça faisait du bien, une petite bouffée d'oxygène !
Et puis enfin, un petit rayon de soleil à l'horizon : une date, le 11 mai, début de déconfinement : l'espoir renaît ! On peut enfin sortir sans remplir cette fichue attestation, et sans craindre d'être contrôlée . Alors quelques jours plus tard, j'enfourchais mon vélo pour revoir une amie, en respectant les consignes de distanciation bien sûr (ce serait stupide d'attraper ce virus maintenant qu'on approche de la délivrance !). Hummm ! Ce parfum de liberté retrouvée ! C'est si bon que, quelques jours plus tard, deuxième pas de déconfinement : on se retrouve à manger à six amis. Quel bonheur de se revoir, de se parler en direct, « en vrai », et de se dire que chanter ensemble nous manque énormément... Alors, si on se retrouvait chaque semaine pour chanter... en prenant des précautions, bien évidemment ! Ce qui fut dit fut fait : Waoo ! Une vraie renaissance, je ne vieillis plus aussi vite : merci Monique, merci le chant, merci la vie !