Générations Complices

Association Intergénérationnnelle

Tisser des Liens

potager1Et oui, cet estamémoire "Retour au potager" avait un petit côté philosophique digne de Voltaire ! Suzanne nous a expliqué qu'elle a découvert récemment les joies du potager depuis qu'elle a eu l'occasion de louer une parcelle (250 m2) de jardins familiaux. Rien ne la prédestinait à cela, mais c'est maintenant un besoin quasi quotidien : cela la déstresse, lui donne bon moral et équilibre. Par cette activité, elle a aussi découvert un monde accueillant, chaleureux, fraternel, partageur, solidaire...Elle se souvient de sa première récolte qui l'a beaucoup émue et depuis, elle consomme avec un regard différent, sachant le temps et le mal qu'il faut se donner pour obtenir une récolte, et ayant pris conscience de toute une vie silencieuse sous terre et de notre appartenance à cette vie de la terre.

Les jardins ouvriers ont été créés à la fin du XIXe siècle, au moment de la révolution industriellequi a fait explosé la société. L'abbé Lemire a beaucoup milité pour que les ouvriers puissent avoir cette occupation saine (le jardin tue l'alcoolisme), afin de combattre aussi la vie chère et de donner l'occasion de passer des heures de repos en famille. 
Thérèse se rappelle de jardins créés dans des pneus pour ses enfants afin que chacun ait son petit jardin, et a été toute émue quand elle a découvert que ses filles avaient reproduit cette expérience pour ses petits enfants.
Jean Pierre a participé aux ateliers de jardinage de l'association et a constaté que les enfants adoraient travailler la terre mais que, pour les petits la relation au temps était difficile : à part pour les radis, il faut beaucoup de patience pour voir sa production : 7 mois pour les carottes et les poireaux...
Chloé n'a pas de potager mais est très heureuse de pouvoir élever 3 poules qui produisent 2 oeufs par jour.
Stéphane a un petit jardin mal exposé aussi finalement, il préfère acheter la récolte de petits producteurs bio en commandant des "biocabas". C'est aussi un geste important pour l'environnement.
Geneviève souligne qu'il ne suffit pas de bonne volonté pour cultiver un potager : il n'est pas facile d'avoir une récolte de bonne qualité.Et les recettes naturelles pour éliminer insectes nuisibles, vers ne fonctionnent plus comme avant.
Gisèle nous parle d'un mouvement associatif : "Les incroyables comestibles" : les gens jardinent devant chez eux et partagent leur production. Cette pratique correspond un peu à l'existence des communaux au temps des Seigneurs.
Bref, comme il y a de moins en moins d'espaces verts, tenir un jardin, c'est un peu faire de la résistance ! déclare Michel. "Le jardin" c'est l'utile et l'agréable, le travail et le repos, le refuge contre les atrocités du monde mais également contre la vanité et le vice. C'est aussi un lieu de créations véritables, où on cultive l'amour de la vie. C'est donc aussi une manière de faire évoluer la société, de la rendre meilleure : on cultive son environnement immédiat , et souvent en même temps son chez soi ou plutôt son "en soi", en plantant et semant.