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Nous étions 8 à partager nos ressentis sur nos lectures, films ou visite... et nous n'avons pas vu passer l'heure et demie, signe que nous avions tous et toutes été intéressés (ou même passionnés !) par :

  • Le bal des importants, roman de Thierry Galineau
  • La vérité sur l'affaire Harry Québert, de Joël Dicker
  • Le Chinois, de Henning Mankell
  • Staff Benda Bilili (documentaire)
  • L'exposition "La mer" en mairie de Wasquehal
  • Wadjda, film saoudien

    Pour connaître nos avis :

baldesimportantsLe bal des importants (de Thierry Galineau) a séduit Francis, qui a découvert une autre facette du monde de l'entreprise que celle qu'il connaissait. Les affaires révélées par les médias en ce moment lui donnent une grande actualité, et pourtant il a été édité en 2011. Ce roman semble en fait une actualité à peine romancée. Il nous fait voyager au coeur des sphères financières et politiques et dévoile la face cachée de ceux qui régissent notre monde. Le premier chapître est très dense : il relate une conférence de presse faite pour lancer un appel d'offres auprès des nations qui pourraient accueillir des "ultra-riches" et leur offrir, en contrepartie de leurs fonds, la sécurité et des avantages...
« Si les riches étaient une nation, ils seraient plus puis­sants que la plus puis­sante des nations, cette nation nou­velle exis­tera un jour. »Francis n'a pas fini de lire le livre, mais il le passionne car il est bien conçu, bien écrit, et dès le début, tous les problèmes sont posés... et toutes leurs solutions adéquates sont envisagées pour y faire face. C'est un livre qui explique clairement comment les riches de ce monde assoient leur emprise puisque pour eux, tout peut se négocier, se manoeuvrer. On approche le machiavélisme.
Une politique fiction que l'auteur, consultant en stratégie et en organisation d’entreprises au sein de plusieurs cabinets de conseil internationaux, de grands groupes industriels et des fonds d’investissement, considère comme plausible ...
Pour Edith, ce livre en rappelle un autre dans la même lignée : L'imprécateur, de René-Victor Pilhes.

La vérité sur l'affaire Québert, de Joël Dicker (son 2e roman)  laveritesurlaffairquebert
À New York, au printemps 2008, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est confronté au syndrome de la page blanche : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Son ami et ancien professeur d'université, Harry Québert, la soixantaine, l'invite dans sa demeure pour l'inciter à retrouver l'inspiration. Soudain tout bascule : on découvre un corps enfoui dans son jardin, qui date de 30 ans auparavant. Harry Québert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d'avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus mène sa propre enquête. Pour faire la lumière sur cet assassinat vieux de trente ans, il décide d'écrire un livre intitulé « La vérité à propos de l'affaire Harry Québert ».
    Ce roman fait découvrir aussi l'Amérique d'aujourd'hui, les travers de la société moderne,  la littérature,  la justice et les médias : tout est bien fouillé, on sent que l'auteur connaît bien.
C'est un roman à suspense incroyable. De retournements de situations en coups de théâtre, le puzzle se reconstitue sous nos yeux pour se défaire quelques pages plus loin... Ce roman se dévide comme une pelote. La fin est bien vue...
Bref, un roman passionnant, habilement écrit, à découvrir absolument selon Edith ! D'ailleurs il a reçu le Prix Goncourt des Lycéens 2012 et le Grand Prix du roman de l'Académie française.

 lechinoisLe Chinois (de Henning Mankell, auteur Suédois, 2011)
Ce livre fait voyager dans l'espace et dans le temps.
Dans son roman, Henning Mankell a imaginé une histoire à deux intrigues : le massacre en 2008 des dix-neuf habitants d'un petit village suédois et un Chinois envoyé de force aux Etats-Unis en 1863. Puis , bien sûr, les deux intrigues se réunissent.

La police penche pour l’acte d’un déséquilibré. Mais une juge s’intéresse à l’affaire car les parents adoptifs de sa mère sont parmi les victimes, et elle est persuadée que ce crime n’est pas l’œuvre d’un fou car trop bien organisé. Elle mène une enquête parallèle à partir d’un ruban de soie rouge trouvé sur les lieux. Cet indice la mène jusqu’à Pékin, dans les familles des émigrés du siècle dernier et l’entraîne dans un voyage vers d’autres époques et d’autres continents, et surtout en Chine, cette nouvelle superpuissance en pleine expansion sur la scène mondiale.
Jean Pierre rappelle que c'est un peu effrayant de voir comment les Chinois se comportent en Afrique. Ils lui font l’effet de nouveaux colonisateurs. La Chine a un problème de surpopulation rurale. Ses 200 millions de paysans ne cessent de s'appauvrir. Les dirigeants chinois envisagent donc d’exporter le problème et de transplanter en Afrique les paysans les plus pauvres (pas moins de 4 millions d’entre eux!) pour qu’ils y cultivent la terre. C’est une forme terrible de colonisation, et c’est exactement ce qu’ont fait les Portugais autrefois au Mozambique. Et, bien sûr, les dirigeants du Mozambique tireront de cette politique chinoise un profit financier. 

Donc le lecteur se retrouve en l'an 1863 en Chine et suit la destinée de deux frères (le troisième est mort avant d'embarquer) que la misère conduira jusqu'aux Etats-Unis où ils s'épuiseront à construire les voies de chemin de fer du Nouveau monde et qui, à leur retour en Chine, se sentiront méprisés malgré leur prise en charge par des missionnaires. Les humiliés auraient-ils pris leur revanche ?
Ce roman emmène dans une réflexion socio-politique tout en offrant d'une enquête policière captivante, pleine de rebondissements et d'actions, jamais ennuyeuse, pourtant sérieuse et dramatique,  et qui conduit forcément, au final à s'interroger sur les puissances mondiales (notamment la Chine) qui gouvernent la planète, les injustices humaines. Ce roman policier  interroge donc sur la société moderne de plus en plus inégalitaire et sur les grandes puissances qui menacent les plus pauvres. Tous deux risquent de faire émerger une soif de vengeance.
Ce thriller est un « gros pavé », mais il est bien écrit et se lit facilement. Tout se tisse petit à petit. C'est très dépaysant. On n'y trouve bien sûr aucun humour, mais ce n'est pas gore. Danièle l'a aimé.

 Wadjda, un film saoudien sorti en février 2013 , réalisé par Haifaa Al Mansour.
Wadjda, dix à douze ans, une petite ado un peu rebelle, et extrêmement espiègle habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. C’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais en Arabie Saoudite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles. Les femmes ne vont pas à vélo, pas plus qu’elles ne conduisent ou se montrent sans voile devant les hommes.

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Pas question, même, que ces derniers puissent entendre leurs voix lorsqu’elles chantent en préparant la cuisine !
Wadjda se voit donc refuser par sa mère l'achat de la bicyclette. Mais elle a plus d’un tour dans son sac. Le vélo de ses rêves, elle l’a repéré à la devanture d’un vieux boutiquier, qu’elle a commencé par se mettre dans la poche. Elle lui a formellement interdit de le vendre à qui que ce soit d’autre, car il lui faut du temps pour réunir l’argent nécessaire ! Elle est déterminée à trouver l'argent par ses propres moyens. Pour y arriver, Wadjda est prête à tout, même à passer un concours de récitation des versets du Coran, elle qui n’est pourtant pas une élève très motivée, surtout au chapitre de la religion….

Ce film raconte à la perfection, à partir d’une histoire simple et épurée, le quotidien des femmes à Riyad, où il a été tourné. C'est une œuvre touchante, drôle et puissante à la fois. À travers cette histoire mêlant pointes d’humour et petites touches critiques à l’égard de la société patriarcale et sexiste, c’est le conditionnement des femmes, dès leur enfance, qui est ici relatée. On suit Wadjda, qui se heurte au règlement de son école, forcément non mixte. On s’attache à la mère, qui croyait vivre le parfait bonheur conjugal et devra accepter sa condition de femme mariée à un polygame…
Ce beau film a obtenu le prix du meilleur film d'art et d'essai à la Mostra de Venise 2012 ainsi que le prix du meilleur film arabe et le prix d'interprétation féminine au festival de Dubaï. 
Martine l'a apprécié.

Staff Benda Bilili : un film documentaire sorti en septembre 2010.
Renaud Barret et Florent de La Tullaye, deux Français en reportage sur les musiciens des rues au Congo, tombent en admiration devant la musique et l’enthousiasme du groupe Benda Bilili. Ils sont huit dans le “Staff Benda Bilili”, 5 paraplégiques et 3 personnes “valides” : les chanteurs guitaristes. Vivant dans les rues de Kinshasa, entourés par les enfants des rues, ils créent tout : leurs musiques, leurs paroles, qu’ils accompagnent sur des instruments de récupération. L'un des gamins de rue est vraiment passionné par la musique, subjugué par ce groupe. Il s'est fabriqué son instrument : une corde reliée entre une boîte de lait et un morceau de bois, et en joue à merveille. Le leader du groupe accepte de le former. Il a un objectif : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo Kinshasa.
Ce documentaire, à travers les extraordinaires personnages qu'il met en valeur, offre un exemple de vitalité, une leçon de persévérance et d'espoir. On découvre des Hommes plein de Vie ne se laissant pas abattre par la misère.
Malgré leurs petits moyens, les deux Français s’engagent à les aider. Ils reviennent deux ans plus tard afin d'enregistrer un disque pour les faire découvrir en Europe. Pour les musiciens, c’est une chance à ne pas rater. Malgré les difficultés de leurs vies (nourrir leur famille, dormir sur des cartons…), ils se lancent dans l’aventure. Ils ont la joie d'être reconnus. Ils sont invités à faire une tournée en France (Leslie les avait vus en concert à Poitiers) puis en Norvège. Leslie a été marquée par la pression des parents sur leurs gamins pour qu'ils réussissent. Elle a aussi surtout été impressionnée par l'incroyable énergie de ces handicapés animés par la passion de la musique qui nous donnent une sacrée leçon de vie.

exposition-la-mer largeL'exposition "La mer", à l'Hôtel de ville a séduit Jean Pierre :  Reynald Montembault  y présentait des tableaux sur le thème de la mer et des maquettes de bateaux assez impressionnantes. Il a apprécié pouvoir discuter avec cet artiste amateur car c'est un homme passionné.  Dans les toiles et maquettes de Reynald Montembault, une vie animée par les flots se déroule devant le public. Capitaine de la Marine marchande, Reynald Montembault a commandé des remorqueurs d'intervention de par le monde. Il a visité les musées maritimes pour découvrir les maquettes, analyser les détails. Désormais il les construit lui-même, faisant appel à sa mémoire pour mieux en restituer le réalisme. La mythique Bounty, les Bricks des Négriers, les vaisseaux de guerre de Louis XIV et Louis XVI racontent chacun un pan de l'histoire et de l'économie mondiale.