Générations Complices

Association Intergénérationnnelle

Tisser des Liens

Ce mois-ci, les films avaient plus la cote que les livres : nous avons parlé de 3 longs métrages : "Liberté", "Bienvenue parmi nous" et "Amour" mais d'un seul livre : "C'est arrivé à New York".

"Liberté" est un film de Tony Gatlif. Il traite un sujet difficile : le génocide des tsiganes pendant la seconde guerre mondiale. Il s'est inspiré d'histoires vraies. Il le fait avec beaucoup de pudeur, de poésie et d'originalité et célèbre la vie, la liberté et la musique.
Le personnage central est Talloche. C'est un être imprévisible, tourmenté s'il se sent contraint, heureux de vivre s'il se sent libre. Il semble parfois un peu fou, mais c'est pourtant lui le plus lucide. Plusieurs "justes" ont également joué un rôle important dans ce film, en particulier Marc Lavoine, Marie-José Croze et Rufus.
On sent bien que le réalisateur veut dénoncer le racisme et l'intolérance dont sont aujourd'hui victimes les Roms, Tsiganes, Manouches... Il utilise des termes tels que le "fléau" tsigane, vocabulaire employé par les Nazis.

Dans ce film, beaucoup de choses sont suggérées, les scènes de violences sont souvent remplacées par des vues fixes des camps qui les évoquent avec force et on sent dans le regard des gens la honte d'être filmés. On y apprend que les Tsiganes ne sont sortis des camps d'internement en France qu'en 1946. La musique a un rôle important. Les chansons servent aussi à faire passer des messages (c'est un peuple à tradition orale), entre autre celui-ci : "Si quelqu'un s'inquiète de notre absence, dites lui qu'on a été jeté de ciel et de la lumière, nous les seigneurs de ce vaste univers".

"Bienvenue parmi nous" est un film de Jean Becker. jeanbeckerLe scénario, tiré d’un roman  d’Eric Holder. Au début, un assez long passage nous fait comprendre que "Taillandier" (Patrick Chesnais), artiste peintre d'une bonne soixantaine d'années est en grosse dépression depuis plus d'un an, alors qu'il a tout pour être heureux : une famille aimante, la célébrité, de l'argent... Les choses sont posées. Il décide de partir de chez lui,          Jean Becker    sans but précis et sans donner d’explication à ses proches. Il est "au bout du rouleau". Il envisage le suicide mais... C'est alors qu'une jeune adolescente, Marylou (Jeanne Lambert), lui "tombe dessus". Elle a été rejetée par sa mère qui craint les coups du beau-père et... le viol de sa fille. Il ne se sent pas le droit de l'abandonner. Ils font un bout de chemin ensemble. Elle a les réparties des ados, et nous rions franchement de quelques situations cocasses. Finalement, vivant tels un père et sa fille, dans la quiétude d’une maison de location, ils se feront « la courte échelle » et retrouveront un nouveau sens à leur vie. Une jolie réflexion sur la solidarité entre les générations, les difficultés des relations inter-générationnelles. C'est un film plein d'espoir.

amour1Amour, film 2012 qui a obtenu la Palme d'Or à Cannes, a été réalisé par Michael Haneke. Les deux rôles principaux sont tenus par Jean Louis Trintignant et Emmanuelle Riva.
C'est un film très dur par sa vérité. Tout se passe en huis clos dans le logement. Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite, qui ont un assez haut niveau culturel et financier. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. Mais son état se dégrade rapidement, et elle devient très vite dépendante.
L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve. Georges a promis à Anne qu'elle resterait chez elle. Constatant le peu de coeur et d'humanité des aidants à domicile, il décide de la soigner lui même. C'est très dur, son âge amplifie la difficulté. Ce film pose le problème de l'accompagnement en fin de vie, de la dépendance par rapport à la famille, de la difficulté de communication avec ce type de handicap, de l'approche de la mort. Mais aucune solution n'est ébauchée...

 C'est arrivé à New York arrivenewyorkest un roman sentimental écrit par Marie-Anne Desmarest, née à Mulhouse en 1904 et morte dans les Hauts-de-Seine en  1973, mais ce n'est pas le plus connu. C'est le roman "Torrents", dont les tirages successifs dépassèrent 200 000 exemplaires, qui a constitué son plus gros succès...et celle des Editions Denoël. 
  Il raconte l'histoire d'une jeune fille comédienne qui aime un jeune journaliste. ça se passe après la seconde guerre mondiale. Comme son père est peu disponible, c'est son ami avocat qui a la charge de l'épauler. Elle se sent suivie, alors elle demande de plus en plus d'aide à cet avocat. Vers le milieu du livre, c'est un peu long : le dénouement (heureux) n'arrive que dans les dernières pages.
C'est un roman facile à lire qui permet d'échapper aux obligations du quotidien.